💰 Stratégie tarifaire

Négocier ses tarifs après la bascule TVA : scripts et arguments B2B et B2C

Ajouter 20 % de TVA à tes factures peut faire peur. Avec les bons arguments, c'est souvent plus simple qu'il n'y paraît.

Comprendre la différence entre client B2B et client B2C avant de négocier

La TVA ne représente pas le même "coût" selon le profil de ton client. Un client professionnel assujetti à la TVA récupère la TVA que tu lui factures : pour lui, ta TVA à 20 % est neutre financièrement. Un client particulier (B2C), lui, ne peut pas récupérer la TVA : il subit l'augmentation réelle de 20 %. Les arguments et les approches doivent donc être radicalement différents selon le cas.

Clients B2B : le bon argument (et le script)

Pour tes clients professionnels, la TVA est un non-sujet financier à condition de bien l'expliquer. Le piège serait de t'excuser ou de paraître incertain. Voici un script direct :

"À partir du [date], je vais commencer à facturer la TVA suite au franchissement du seuil réglementaire. Concrètement, pour toi en tant qu'entreprise assujettie à la TVA, ça ne change rien au coût réel : tu récupères la TVA sur ta propre déclaration. Mon tarif HT reste identique à ce qu'il était."

Si le client te pousse sur le prix HT, tu peux ajouter : "Mon tarif évolue en fonction de la valeur que je t'apporte, pas de mes contraintes administratives. Et ta comptabilité récupère la TVA de toute façon."

Clients B2C : comment absorber ou partager l'impact

Avec des clients particuliers, tu as trois options :

Option 1 — Absorber une partie de l'impact : Tu baisses ton tarif HT pour que le tarif TTC final soit proche de l'ancien. Exemple : tu facturais 500 € HT (sans TVA). Tu passes à 420 € HT + 84 € TVA = 504 € TTC. Impact quasi nul pour le client, légère baisse de ta marge.

Option 2 — Partager l'impact : Tu augmentes modestement le HT tout en restant sous l'ancien prix TTC-équivalent. Tu argumentes par la valeur ajoutée, l'expérience accumulée, la qualité.

Option 3 — Faire passer l'intégralité : Justifié si ton marché le permet et si la relation client est solide. L'annonce doit alors valoriser ce que tu apportes : "Mon tarif évolue au 1er [mois]. Cette évolution reflète [ton expertise spécifique, tes nouvelles compétences, etc.]."

L'email ou le message d'annonce : les éléments indispensables

Quelle que soit l'option choisie, l'annonce doit être faite à l'avance (au moins 30 jours), clairement, sans ambiguïté. Elle doit contenir :

— La date d'entrée en vigueur
— Ton nouveau tarif HT et le montant TTC
— Une explication simple de la raison (franchissement du seuil légal)
— Pour les B2B : la mention que la TVA est récupérable
— Un remerciement de la relation de confiance existante

Le cas des devis signés avant la bascule

Si tu as des devis signés avant ton passage à la TVA, la règle générale est que le devis fait foi selon les conditions au moment de sa signature. Si le devis mentionnait "TVA non applicable, article 293 B du CGI", tu es tenu à ce prix. En revanche, pour les nouveaux devis émis après ton assujettissement, la TVA s'applique obligatoirement.

Ce qu'il faut retenir

Pour les B2B, la TVA est neutre : explique-le clairement et tiens ton tarif HT. Pour les B2C, anticipe, communique tôt, et choisis l'option adaptée à la solidité de ta relation client. Dans tous les cas, l'annonce proactive et confiante vaut mieux que l'excuse ou le flou.

Sources : Code général des impôts — pratiques courantes de communication tarifaire freelance — retours terrain communauté freelances FR

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